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Le changement climatique est aussi une question de justice

Les pays du Sud ne portent pas la majeure responsabilté du changement climatique, ils vont pourtant en être les premières victimes. La question du changement climatique continue à monter en importance dans les agendas politiques. Alors que les gouvernements se retrouvent à Bali, Indonésie, pour débattre de l’avenir du Protocol de Kyoto, le rapport mondial sur le développement humain 2007/2008 édité pour le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) se penche sur l’incidence des changements climatiques sur le développement. Selon ce rapport, le monde se rapproche d’un « point de basculement » qui risque d’entraîner les pays les plus pauvres de la planète et leurs citoyens les plus pauvres dans une spirale infernale, laissant des centaines de millions de personnes confrontées à la malnutrition, au manque d’eau, à l’accélération de la désertification, aux menaces écologiques, et à la perte de leurs moyens de subsistance.

Les changements climatiques risquent de causer des revers sans précédent en matière de réduction de la pauvreté et de la réalisation des Objectifs de développement du Millénaire. Puisque la menace qui pèse sur l’existence même de certains pays accentue les disparités entre riches et pauvres, il est question de justice environnementale. En effet, nous sommes responsables envers les pauvres et les générations à venir quant à la résolution et la rapidité avec lesquelles nous réagirons pour éviter un changement climatique dangereux. Pour agir dans l’immédiat, il existe deux priorités urgentes : trouver des modes de production d’énergie à faibles émissions et mettre en place une stratégie face à la déforestation. Les marchés du carbone et les transferts financiers à eux seuls n’apportent pas de réponse au problème.

Les nations riches doivent prendre la tête de cette initiative et reconnaître leur responsabilité historique – nous parlons d’une dette écologique des pays riches envers le plus pauvres. Des transferts des pays riches vers les pays les plus pauvres sont nécessaires afin de financer des mesures d’adaptation au changement climatique. Une augmentation des catastrophes liées au climat présente des menaces plus importantes pour le développement auxquelles il faudra faire face par des améliorations de la qualité de l’aide. Il est à craindre que les « urgences silencieuses » peu visibles liées aux changements climatiques ne recevront pas toute l’attention qu’elles méritent. Les sécheresses locales persistantes en Afrique subsaharienne attirent moins l’attention des medias que des phénomènes tels que les tremblements de terre ou les tsunamis, même si leurs effets à long terme peuvent être plus dévastateurs.

Toujours selon le PNUD, afin d’éviter un changement climatique dangereux, il faudra que les nations riches réduisent leurs émissions d’au moins 80 pour cent, les émissions des pays en développement culmineront vers 2020, et devraient être réduites de 20 pour cent d’ici à 2050. nous en somme encore très loin du compte.

A lire dans le « Rapport mondial sur le développement humain 2007/2008 - La lutte contre le changement climatique : un impératif de solidarité humaine dans un monde divisé » - infos : www.undp.org

 

contacts : CARITAS / Norry Schneider - ATD Quart Monde / Jacqueline Gillet